Où voir des pétroglyphes au Kirghizistan ?

Où voir des pétroglyphes au Kirghizistan ?

16 avr. 2020

Si le Kirghizistan attire pour ses montagnes infinies et sa culture nomade, le pays est aussi une destination parfaite pour les amoureux de l’histoire. Retournez dans le temps sur la Route de la soie et à la croisée des grands empires, plongez dans l’Issyk Kul à la recherche d’une ville submergée, passez en Union Soviétique dans la vallée de Barskoon, retrouvez les traces d’un océan disparu et de ses fossiles... Le territoire Kirghize a été traversé par des siècles d’histoire, peut-etre l’une des plus fascinantes et mystérieuses du monde, car il reste encore beaucoup à y découvrir.

Parmi les trésors historiques à découvrir lors d’un voyage au Kirghizistan, on compte des milliers d’anciens pétroglyphes, ces dessins sur roche témoins de civilisations oubliées...

Un peu d’histoire

Les pétroglyphes kirghizes sont étudiées par la communauté historienne et scientifique depuis déjà plus de 200 ans, et pourtant beaucoup de mystères n’ont pas encore été percés. On en retrouve des milliers dans différentes régions du Kirghizistan, des régions significativement éloignées, ce qui laisse penser que le territoire kirghize était peuplé très tôt dans l’histoire.

Les pétroglyphes sont des dessins rupestes grâvés sur des roches basaltes, ou volcaniques. Celles-ci ont la particularité d’être noires sur leur surface, et c’est généralement sur cette partie sombre que l’on retrouve les anciens dessins.

Les premiers pétroglyphes dateraient de l’âge de Bronze, au III ième siècle avant notre ère, alors que les plus récents remonteraient au VIII ième siècle. Ces dates restent disputées, certains disant que les premiers pétroglyphes seraient apparus il y a 7000 ou 8000 ans. Si les techniques de gravure ont évolué, ainsi que le style des dessins, ils représentent pour la majorité des scènes de chasse.

Les dessins témoignent de la vie de ces peuples d’antan : la domestication des animaux, les danses traditionnelles, la chasse, la guerre, la démarcation des tribus, les conflits, les inventions techniques... On y voit surtout de nombreux animaux, dont le Marco Polo, le léopard des neiges, les oiseaux, les chevaux, les yaks, les chameaux, les chèvres... et certaines créatures démoniaques, peut-être issues de leurs croyances. Ces motifs ont été repris dans de nombreux ornements kirghizes, que l’on retrouve par exemple aujourd’hui encore sur le tapis traditionnel, le shyrdak.

Il existe essentiellement deux styles de dessin distincts. Le plus ancien est plus primitif, avec des formes géométriques très simples. Avec l’apparition du métal les auteurs ont pu évoluer vers des dessins arrondis, plus complexes et représentatifs de la réalité.

Les sites de pétroglyphes étaient des lieux saints, sacrés et de culte, y compris pour les peuples qui ont suivi l’apparition des dessins.

Les sites de pétroglyphes

A savoir : mieux vaut se rendre à ces sites le matin ou l’après-midi, à l’abri du soleil. Quand le soleil tape fort, les dessins sont beaucoup moins visibles et vous en raterez la majorité.

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Saimaluu Tash

Difficile d’accès, le site de Saimaluu Tash dans le sud du Kirghizistan, niché à 3000 m d’altitude, est le meilleur lieu pour découvrir l’histoire complexe des pétroglyphes. Quelque 90 000 dessins sont cachés dans une forêt intouchée, exposant des oeuvres de plus de 10 millénaires différents. C’est ici que l’on peut voir la plus grande diversité des styles mais aussi des dessins.

Le nom du site se traduit du kirghize comme « la pierre brodée », faisait référence à ces milliers de roches gravées qu’il abrite. Depuis le village de Kazarman, il faut s’y rendre à pied ou à cheval.

Cet ancien sanctuaire est resté à l’abri du vandalisme ou des constructions justement grâce à son côté sacré. Même lorsque les peuples ont changé, Saimaluu Tash est resté un important lieu de culte. Comme le racontent les locaux, dans des récits passés à l’oral de génération en génération, les voyageurs apportaient toujours des offrandes aux dieux à Saimailuu Tash et maudits étaient ceux qui ne le faisaient pas...

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Cholpon-Ata

Au nord du lac Issyk Kul se trouve le deuxième plus grand site de pétroglyphes du Kirghizistan. Plus facile d’accès, il ne se situe qu’à quelques kilomètres au nord du centre-ville de Cholpon Ata, près de l’ancien aéroport de la station balnéaire.

Ce musée à ciel ouvert, aussi appelé le jardin des pierres, s’étend sur 42 hectares. Les dessins datent d’entre le II ième sicèle avant notre ère jusqu’au IV ième siècle. Ils représentent surtout des animaux et des scènes de chasse, dont la plus connue, et originale, est celle de léopards de neiges en train de chasser. On y retrouve aussi beaucoup de représentations des Cerfs, peut-être en lien avec la tribu kirghize des Bugu (« cerf rouge »).

On trouve aussi sur ce territoire d’autres formations intéressantes laissés par ces anciens peuples : des tombes, des bal-bal (monuments aux guerriers), des frontières entre tribus, des cercles de chamanisme...

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Sulaiman Too

La capitale du Sud, Och, est dominée par la montagne sacrée de Sulamain Too. Important lieu de pélerinage depuis toujours, classée comme patrimoine mondial de l’Unesco, Sulamain Too abrite aussi une centaine de pétroglyphes. Les dessins sont cachés dans des grottes sacrées.

Les autres sites

Vous pourrez aussi tomber sur quelques pétroglyphes dans d’autres endroits à visiter au Kirghizistan. Le magnifique lac Son Kul, jailoo des nomades, abrite quelques dessins, témoins de peuples anciens sur ce territoire. Au sud de Bichkek, la vallée de Chunkurchak a quelques dizaines de dessins laissés à leur place originale, juste en-dessous du panorama sur la capitale kirghize. Les pétroglyphes du complexe historique de Burana y ont été transportés suite à des fouilles archéologiques dans la région.

De nombreux sites n’ont pas encore été découverts, et il n’est pas improbable de tomber sur des pétroglyphes lors de ses randonnées au Kirghizistan...

 

 Marion Biremon

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