Musée Afrasiab

En Ouzbékistan, la ville historique de Samarcande, classée au Patrimoine
mondial UNESCO
, représente un carrefour de cultures depuis la nuit des temps.
Aujourd’hui, au nord-est du bazar Siob, sur un vaste plateau, un site archéologique de 219 hectares et un musée réunissent les vestiges témoignant de la fondation de cette cité légendaire nommée à son origine Afrasiab.
En visitant l’Afrasiab Museum vous découvrirez l’histoire de l’une des plus grandes étapes de la Route de la Soie qui, située à la croisée des chemins de la Chine, l'Inde, la Perse et l'Empire Byzantin, fut l'un des plus importants centres du commerce international.

 

Un peu d’histoire

Fondée au 7e siècle avant J.-C., Afrasiab fut la principale ville de la Sogdiane, une ancienne et importante région d’Asie Centrale dont le territoire s’étendait entre les fleuves Amou Daria et Syr Daria, et dont la civilisation raffinée fut à son apogée entre le 5e et le 8e siècle ap.J.C.
Afrasiab fut conquise de nombreuses fois, notamment par Alexandre le Grand en 329 avant J.-C qui la rebaptisa Marakanda et par les Arabes au début du 8e siècle, avant d’être presque complètement détruite par Gengis Khan au 13e siècle lors de l’invasion mongole.

Depuis 1873, les fouilles archéologiques entreprises n’ont cessé d’attester que cette ville, berceau de la Samarcande d’aujourd’hui, fut un grand carrefour culturel, commercial, artistique et religieux sur la Route de la Soie. Citadelle, palais, monuments de culte et autres structures ont été mis à jour au fil des missions ainsi que de nombreux objets.

Cependant c’est à une découverte faite en 1965, lors des travaux de creusement de la nouvelle route de Tachkent, que l’on doit l’édification de l’Afrasiab Museum. En effet, sa construction fut décidée pour abriter un incroyable ensemble de peintures murales déterrées par un bulldozer (qui, hélas, en détruisit aussi une grande partie).

Depuis, ces chefs-d’œuvre baptisés
« Fresques des Ambassadeurs » ornent les murs de la salle principale du musée ouvert en 1970 et ont récemment fait l’objet d’un vaste programme de restauration.

 

La visite de l’Afrasiab Museum

Situé au bord des excavations du site archéologique d'Afrasiab, le musée tout en marbre abrite sur deux étages une collection de plus de 20 000 pièces.

Les photos et cartes en relief présentées dans la première salle vous renseignent sur l’historique des fouilles débutées au 19e siècle.
Les expositions des salles suivantes restituent l’évolution de la cité à travers les époques. Vous découvrez ainsi des monnaies, glaives et couteaux hérités d’Alexandre le Grand et de l’invasion macédonienne ou encore des céramiques gréco-bactrianes. Le zoroastrisme (religion dominante en Sogdiane, aujourd’hui disparue) est notamment illustré par des autels voués au culte du feu, des ossuaires sculptés et divers objets marqués d’une symbolique solaire.

Bijoux, échiquiers en os et autres pièces précieuses reflètent la grande prospérité
d’Afrasiab/Samarcande dans sa période préislamique dite proprement « sogdienne », qui s’étend du 5e au début du 8e siècles. Les fameuses « Fresques des Ambassadeurs » constituent le témoignage le plus fascinant de son apogée.

Ces dernières sont livrées à votre regard dans une salle spécialement conçue pour elles, identique en proportions et en disposition à celle pour laquelle elles furent peintes, les recherches ayant révélé qu’il s’agissait du salon de réception de la demeure familiale du roi sodgien Varkhuman qui régna aux environs de 650-660 ap. J.-C.

Chacun des panneaux de cette peinture épique occupe un mur. Les scènes représentées célèbrent divers succès du souverain et renseignent sur la splendeur de cette époque.

Le mur ouest, face à l’entrée, raconte « la réception de plusieurs ambassades par le roi Varkhuman du clan Unash » comme le précise une inscription en sodgien de 16 lignes sur la robe blanche d’un des personnages. Les tenues et les coiffures, peintes avec minutie, dévoilent la provenance de ces ambassades. Les personnages portant des bonnets noirs et tenant des grappes de fruits et des rouleaux de soie sont des Chinois, ceux vêtus de cagoules et de grosses chaussettes sont les représentants de principautés montagnardes. Les Coréens du royaume de Koguryo portent un chapeau à double aigrette et les Turcs sont nattés. Les dignitaires sogdiens sont habillés de robes de soie à motifs d’animaux et ont une épée et une dague suspendues horizontalement à la ceinture.

Les deux tableaux séparés par une bande ornant le mur nord (à droite en entrant dans la salle), évoquent la Chine de l’époque Tang, alliée privilégié du roi Varkhuman et pays d’importance pour les marchands sogdiens implantés alors sur toutes les étapes de la Route de la Soie.
Sur l’un, vous pouvez voir l'impératrice chinoise se promenant en barque avec des dames de la cour, sur l’autre, l'empereur à la chasse au léopard. Chacun d’eux étant reconnaissables par leur haute taille car dans l’art sogdien la disproportion signalait les dieux et les rois.

La peinture du mur sud, à gauche, a connu bien des interprétations. Il a été question d’un mariage puis d’un autre cortège d’ambassade étrangère avant de finalement décréter qu’elle décrit la procession au solstice d’été du Nouvel An zoroastrien, conduite par le roi Varkhuman jusqu’au tombeau de ses ancêtres. En effet, tous les détails illustrés concordent avec d’antiques chroniques chinoises rapportant que chaque année, au Nouvel An, les souverains sogdiens conduisaient une procession au mausolée de leurs parents qui se terminait par un rituel de sacrifice animal. Dans cette oeuvre, c’est au cheval gris sellé mais non monté et aux quatre oies qu’est réservé ce triste sort.

De tous les vestiges livrés par le site archéologique d’Afrosiab, les « Fresques des Ambassadeurs » sont probablement le plus précieux témoignage du caractère cosmopolite et raffiné de la cité. Par ailleurs, elles renseignent sur trois aspects marquant du règne de Varkhuman: le rayonnement diplomatique, l’alliance chinoise et le culte zoroastrien.
 

Horaire et tarif

L’Afrasiab Museum est ouvert tous les jours de 9h à 17h.

Comment s’y rendre ?

Le musée se trouve à 15 minutes de marche au nord du bazar.
Vous pouvez aussi prendre un taxi ou un marchroutka (minibus collectif).

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