
Musée Afrasiab
Musée Afrasiab
À Samarcande, le musée d'Afrasiab conserve les Fresques des Ambassadeurs et les vestiges de l'ancienne cité sogdienne, étape majeure de la Route de la Soie.
Le musée d'Afrasiab conserve les vestiges de l'ancienne cité sogdienne qui précéda Samarcande, en Ouzbékistan. Construit en marbre au bord d'un site archéologique de 219 hectares, il abrite les célèbres Fresques des Ambassadeurs, peintures murales du 7e siècle qui documentent la diplomatie sogdienne sur la Route de la Soie.
Pourquoi visiter le musée d'Afrasiab
Le musée présente des objets rarement réunis ailleurs en Asie centrale : céramiques gréco-bactrianes, monnaies et glaives macédoniens hérités d'Alexandre le Grand, ossuaires zoroastriens, bijoux et échiquiers en os témoignant de la prospérité préislamique de la région.
L'attrait principal reste cependant les Fresques des Ambassadeurs, un cycle peint vers 650-660 ap. J.-C. qui constitue l'un des rares témoignages visuels de la cour sogdienne et de ses échanges avec la Chine des Tang, la Corée et les peuples turcs.
Histoire d'Afrasiab
Fondée au 7e siècle avant J.-C., Afrasiab fut la principale ville de la Sogdiane, région d'Asie centrale dont le territoire s'étendait entre l'Amou Daria et le Syr Daria. Sa civilisation connut son apogée entre le 5e et le 8e siècle ap. J.-C., portée par le commerce sur la Route de la Soie.
La cité fut conquise par Alexandre le Grand en 329 av. J.-C., qui la rebaptisa Marakanda, puis par les Arabes au début du 8e siècle. Elle fut presque entièrement détruite par Gengis Khan au 13e siècle lors de l'invasion mongole, ce qui explique l'état d'abandon du plateau aujourd'hui visible.
Les fouilles archéologiques systématiques ont commencé en 1873 et se poursuivent depuis. C'est en 1965, lors des travaux de la route de Tachkent, qu'un bulldozer mit au jour le cycle peint sogdien, en endommageant hélas une partie. Le musée fut construit pour l'abriter et ouvrit ses portes en 1970.
Que voir au musée
Le bâtiment en marbre déploie sur deux étages une collection riche de plus de 20 000 pièces (toutes ne sont pas exposées simultanément). Le parcours suit la chronologie des fouilles et de la cité.
Les premières salles
Photos d'archives et cartes en relief retracent l'historique des campagnes archéologiques engagées depuis le 19e siècle. Les salles suivantes documentent l'évolution de la cité : monnaies et armes liées à la conquête macédonienne, céramiques gréco-bactrianes, autels du culte du feu, ossuaires sculptés et objets ornés de symboles solaires illustrent la place du zoroastrisme, religion dominante en Sogdiane aujourd'hui disparue.
Les Fresques des Ambassadeurs
La salle principale reproduit les proportions exactes du salon de réception du roi sogdien Varkhuman, qui régna autour de 650-660 ap. J.-C. Chaque mur portait à l'origine une scène différente.
Mur ouest (face à l'entrée) : une inscription sogdienne de 16 lignes, peinte sur la robe blanche d'un personnage, précise le sujet : « réception de plusieurs ambassades par le roi Varkhuman du clan Unash ». Les costumes identifient les délégations :
- les Chinois, en bonnets noirs, porteurs de grappes de fruits et de rouleaux de soie ;
- les Coréens du royaume de Koguryo, reconnaissables à leur chapeau à double aigrette ;
- les Turcs aux cheveux nattés ;
- les Sogdiens, en robes de soie à motifs animaliers, épée et dague suspendues horizontalement à la ceinture.
Mur nord : deux tableaux évoquent la Chine des Tang, alliée du roi. L'un montre l'impératrice chinoise en barque avec ses dames de cour, l'autre l'empereur à la chasse au léopard. La haute taille des souverains traduit une convention picturale sogdienne : la disproportion signale les dieux et les rois.
Mur sud : longtemps interprétée comme un mariage ou une scène d'ambassade, cette peinture représente la procession du Nouvel An zoroastrien, conduite par Varkhuman jusqu'au tombeau de ses ancêtres. Le rituel se conclut par le sacrifice d'un cheval gris sellé mais non monté et de quatre oies, conformément à des chroniques chinoises de l'époque.
Ces fresques renseignent sur trois aspects du règne de Varkhuman : le rayonnement diplomatique de la Sogdiane, l'alliance avec la Chine et la persistance du culte zoroastrien.
Informations pratiques
- Horaires : ouverture quotidienne, généralement de 9h à 17h. Vérifiez le jour même, les horaires varient selon la saison.
- Tarif : entrée à prix modéré, supplément habituel pour la photographie.
- Durée de visite : comptez 1h à 1h30 pour parcourir les salles, davantage si vous explorez aussi le site archéologique attenant.
- Langues : cartels en russe et anglais ; un guide francophone est utile pour décrypter les fresques.
Comment s'y rendre
Le musée se situe au nord-est du bazar Siob, à environ 15 minutes de marche depuis le bazar en remontant vers le plateau d'Afrasiab. Vous pouvez également prendre un taxi depuis le centre de Samarcande ou emprunter une marchroutka (minibus collectif) circulant sur l'axe nord de la ville.
À voir à proximité
Le musée s'inscrit dans un ensemble de sites historiques accessibles à pied ou en taxi depuis le centre de Samarcande. Le bazar Siob tout proche permet d'enchaîner avec une halte gourmande, tandis que la nécropole de Chah-i-Zinda, l'observatoire d'Ulugh Beg et la mosquée Bibi-Khanym complètent une journée centrée sur l'histoire pré-timouride et timouride de la ville. Pour élargir votre itinéraire en Asie centrale, voyez aussi le minaret de Burana ou les pétroglyphes de Cholpon Ata.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Le musée est implanté à Samarcande, en Ouzbékistan, au bord d'un site archéologique de 219 hectares situé au nord-est du bazar Siob, sur le plateau de l'ancienne cité.
Il s'agit d'un cycle de peintures murales du 7e siècle ap. J.-C. provenant du salon de réception du roi sogdien Varkhuman. Les quatre murs représentent des ambassades étrangères, des scènes de la cour Tang et une procession du Nouvel An zoroastrien.
Comptez 1h à 1h30 pour le musée seul. Si vous prolongez par une marche sur le site archéologique d'Afrasiab, prévoyez une demi-journée.
La visite libre est possible, mais l'accompagnement d'un guide est conseillé pour les Fresques des Ambassadeurs : leur lecture iconographique (costumes, inscriptions sogdiennes, scènes zoroastriennes) gagne beaucoup à être commentée.
Les fouilles ont débuté en 1873, mais c'est en 1965, lors du percement de la route de Tachkent, qu'un bulldozer mit au jour les peintures murales qui donnèrent naissance au musée, ouvert en 1970.
Inscrire le musée dans votre voyage
Le musée d'Afrasiab s'intègre naturellement à un circuit consacré aux grandes étapes de la Route de la Soie en Asie centrale. Pour construire un itinéraire qui relie Samarcande aux paysages et au patrimoine voisins du Kirghizistan, consultez nos idées de voyage au Kirghizistan.
Intéressé(e) par cette visite ?
Nous pouvons l'inclure dans votre itinéraire personnalisé.