Le Kirghizistan va élire son nouveau président

Le Kirghizistan est sur le point d’élire son cinquième Président pour un nouveau mandat de six ans. C’est l’occasion pour nous de faire le point sur la situation politique du pays et les enjeux de cette présidentielle.

L’ancienne République Soviétique se prépare pour le premier tour de son élection présidentielle qui se déroulera ce dimanche 15 octobre 2017.

Dans un complexe économique instable où les menaces terroristes à ses frontières et sa dépendance énergétique envers ses voisins fragilisent sa santé démocratique, le Kirghizistan s’affiche aujourd’hui encore comme le seul pays démocratique de l’Asie Centrale et doit  plus que jamais faire face à de nouveaux défis.

Les candidats à l’élection présidentielle kirghize

Le début de la campagne a enregistré pas moins de 59 candidats dont la plupart sont des indépendants. En juillet, on comptait encore une trentaine de candidats.

Parmi les candidats en tête de liste on retrouve le premier ministre, Sooronbaï Jeenbekov. Almazbek Atambaïev, l’actuel président qui ne peut se représenter pour un second mandat, compte alors sur  Sooronbaï Jeenbekov, candidat de son parti social-démocrate du Kirghizistan (PSDK ; 38 sièges sur 120 au Parlement), pour continuer à jouer un rôle important dans son pays. Ce candidat peut s’appuyer sur le vote des électeurs du Sud, la région la plus peuplée du pays tandis que son opposant principal, le riche homme d’affaire Omourbek Babanov, aussi ex premier ministre, compte dans ses soutiens Moscou et le Kazakhstan.

D’autres candidats à la présidence tel Temir Sariev, autre ancien premier ministre, se placent comme personnage important mais peine tout de même à réunir le soutien des électeurs.

Le candidat controversé de cette présidentielle n’est autre que Omurbek tekebaev. Dirigeant du parti Ata-Meken, ce candidat, bien qu’important, ne présente aucune chance de remporter la présidence pour la simple et bonne raison qu’il se trouve actuellement en prison. Accusé de corruption, il a été condamné en février 2017. Ses partisans dénoncent cependant des charges à motivation politique, qui n’ont pour but que d’écarter de la course un féroce opposant au président Almazbek Atambaïev.

Les défis pour le prochain président du Kirghizistan

La mission du prochain gouvernement sera de redonner à l’État son rôle de modérateur et de réunificateur dans ce pays qui connait depuis des décennies de profondes divisions nationales. En effet, les Kirghizes du Sud et ceux du Nord s’opposent régulièrement, reflet d’une importante mésentente régionale.

Néanmoins, depuis plusieurs années, le Kirghizistan enregistre un regain de nationalisme qui s’inscrit de plus en plus dans les débats politiques. Le parti Ata-jurt est d’ailleurs le principal investigateur de ce mouvement de construction d’identité nationale. Dans ce pays, riche d’une forte culture multiethnique, une telle montée du nationalisme peut s’avérer dangereuse.

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